En ces temps de confinement et d’incertitude liés au Coronavirus, rien ne vaut un bon livre pour s’évader et voyager, du moins avec son imagination !

Je suis revenue du Japon en novembre dernier et ce pays et sa culture m’ont tellement plu que j’essaye depuis de lire un maximum de choses sur le sujet. Voici donc une petite liste de recommandations pour voyager vers le Pays du Soleil Levant depuis son canapé.  Ils sont d’ailleurs tous disponibles en version électronique, tu pourras donc en profiter sans sortir de chez toi !

Et en attendant la fin du tunnel, prend soin de toi et lave-toi bien les mains ♥

 

Les dames de Kimoto (Bibliothèque étrangère) par [Ariyoshi, Sawako]

Les dames de Kimoto – Sawako Ariyoshi 

Ce joli roman publié dans les années 60 suit trois générations de femmes japonaises dans une fresque qui court de la fin du 19e siècle aux années 1950. Il s’ouvre sur un mariage arrangé dans lequel la grand-mère, Toyono, femme traditionnelle de caractère, se sépare de sa petite fille Hana qui quitte Kimoto pour vivre dans une famille de riches marchands d’une ville éloignée. Les deux femmes, malgré leur affection évidente l’une pour l’autre, ne seront amenées à se revoir qu’une seule fois… Le récit suit leurs échanges tandis qu’Hana s’habitue à sa nouvelle famille et devient mère à son tour. Avec les changements de la société, sa fille Fumio sera la première femme de la famille à aller faire des études à Tokyo. Cette dernière épousera des idées socialistes et rejettera fortement les traditions et le mode de vie de ses parents.

Ce roman est parfait pour avoir une vision de l’histoire du Japon dans la première moitié du 20e siècle, de la vision changeante du rôle de la femme dans la famille et la société du pays, mis à rude épreuve par les guerres. En revanche, je préfère te prévenir que le rythme est assez lent et contemplatif, comme souvent dans la littérature japonaise.

La fille de la supérette (Folio t. 6633) par [Murata, Sayaka]

La fille de la supérette – Sayaka Murata

Keiko a 36 ans et elle est célibataire. Autant vous dire qu’elle est regardée comme une anomalie dans la société japonaise contemporaine pour laquelle la place de la femme est toujours considérée comme étant la maison. Elle travaille depuis 15 ans comme vendeuse dans un konbini, ces supérettes japonaises ouvertes 24 h/24. C’est un emploi normalement réservé aux étudiants ou personnes marginales mais dont la routine bien huilée et parfaitement immuable lui convient parfaitement : Accueillir les clients, veiller au bon réapprovisionnement des rayons, passer les commandes, encaisser les achats sont autant d’actes routiniers qui la rassurent et lui donnent l’impression d’être utile à la société. Elle fait le désespoir de sa famille qui ne la comprends pas, mais elle est parfaitement heureuse. Jusqu’à l’arrivée dans la supérette de Shiraha, nouvel employé lui aussi célibataire.

J’ai adoré ce court roman sur la différence. On s’attendrait en lisant le résumé à une histoire d’amour plutôt mignonne, mais ce n’est pas du tout le cas. Keiko, malgré ses côtés autistes, a un humour sec et des remarques pertinentes et incisives sur la société qui l’entoure. Elle n’a pas beaucoup mais elle s’en contente parfaitement et c’est finalement la pression de la société qui finira par la rendre malheureuse en la poussant dans les bras de Shiraha, personnage odieux et phallocrate, dont le seul rêve est de vivre aux crochets d’une femme qui l’entretienne. Keiko arrivera t’elle à s’en défaire et à vivre une vie qui lui convienne ?

Un petit livre qui en dit long sur la rigidité de la société japonaise où les individus qui ne se conforment pas au modèle en vigueur sont ostracisés, rejetés, mal vus.

 

La papeterie Tsubaki – Ito Ogawa 

Hatoko a 25 ans et elle revient dans son village natal pour reprendre la papeterie familiale et le métier d’écrivain public que lui a enseigné sa grand-mère, l’Ancienne, décédée depuis. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’écrivain public au Japon, ça ne s’improvise pas ! Il y a énormément de traditions pour le moindre geste : Du choix du papier et de l’instrument, de l’encre, de l’enveloppe avec son timbre, au style de politesse et caractère utilisés. Après des années dans une grande ville, Hatoko va doucement devoir réapprendre à s’adapter à sa nouvelle vie plus contemplative, tout en répondant à aux demandes excentriques de son métier : Comment écrire un message de condoléance pour la mort d’un singe par exemple, ou une lettre à un amour perdu…

Ce roman cousu de fil blanc se lit très bien ! Certes son style est un peu lent et il ne se passe finalement pas grand-chose en termes de rebondissements. Mais il fait découvrir la vie d’une petite ville japonaise, ses rituels religieux, et surtout les traditions et rituels extraordinaires liées à l’écriture japonaise.

Oubliez les e-mails ! Ce roman donne envie de se remettre à écrire des lettres à l’ancienne, en prenant son temps…

 

Le restaurant de l’amour retrouvé – Ito Ogawa 

Ce n’est pas la joie pour Rinco ! Elle vient de se faire salement larguer par son petit ami, un choc qui la laisse littéralement sans voix, muette. Et en sus, elle doit retourner vivre chez sa mère avec laquelle elle ne s’entend pas, et qui vit avec un énorme cochon qu’elle traite avec plus d’amour que sa propre fille. Pour remonter la pente et retrouver goût à la vie, Rinco décide de réaliser son rêve en ouvrant un restaurant un peu particulier : Une seule table par jour, avec un menu créé tout spécialement pour le ou les convives. On dit au village que ce restaurant est miraculeux car, table par table, Rinco arrivera à toucher et à changer la vie de ceux qui goûtent ses plats.

Comme le livre ci-dessus, le Restaurant de l’amour retrouvé a été écrit par Ito Ogawa qui a de nombreuses œuvres traduites en français. Dans ce livre, également, le rythme est plutôt lent et l’intrigue cousue de fil blanc. Mais ici, c’est sur la cuisine japonaise que l’on en apprend plus ! D’ailleurs c’est un vrai régal pour les sens tant l’auteur prend de soin de nous décrire chaque ingrédient, depuis la ferme ou le jardin jusqu’à l’assiette finale.

Un livre qui donne faim !

 

En même temps, toute la terre et tout le ciel – Ruth Ozeki 

Ruth découvre sur une plage une boîte à bento dans laquelle se trouve un étrange trésor : Le journal intime de Nao, lycéenne japonaise qui n’a pas une vie facile. Entre le harcèlement vicieux dont elle est la victime à l’école, son père coupé du monde et suicidaire et l’indifférence de sa mère, la petite en a gros sur la patate ! Heureusement, elle peut compter sur son arrière-grand-mère Jinko, une nonne bouddhiste zen et féministe de  104 ans.

Ruth se demande par quel miracle (ou suite à quelle catastrophe) ce journal intime est arrivé en sa possession. Elle décide donc de mener l’enquête pour le comprendre et savoir ce qu’il est advenu de Nao et de sa famille…

Je suis très partagée sur ce livre, même si je ne regrette pas de l’avoir lu. D’un côté Nao a une vraie présence, une voix très sympathique, et on brûle d’en savoir plus sur sa vie que l’on découvre a fur et à mesure des entrées de son journal. En gros si le livre s’en tenait là, il aurait été parfait ! Le problème, c’est que les entrées de Nao se partagent avec celles de Ruth… Et là mon Dieu, que l’on a envie de l’étrangler celle-ci ! Le livre présente aussi des éléments de magie vers la fin qui ne collent pas du tout avec l’univers qui nous étaient présenté jusqu’à présent.

Malgré tout, le livre vaut le coup pour découvrir  la vie d’une étudiante du Japon contemporain. Si tu es prêt-e à passer outre les problèmes mentionnés, tu ne pourras que tomber amoureu-x-se de Nao et de sa Jinko !

 

Crédit photo de l’image de titre : Photo par Manuel Cosentino depuis Unsplash

 

 

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